Sandrine Revel est née en 1969. Après des études aux Beaux-Arts de Bordeaux, elle publie son tout premier livre en 1996. Depuis , elle a publié de nombreux albums, surtout des BD, dont la série » Un drôle d’ange gardien » ( Ed.Delcourt ).
Aujourd’hui, Sandrine Revel partage son temps entre BD, peinture et piano.
L’Art à la page présente à la galerie essentiellement son travail de peintre.
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« Je n’ose vous décrire tous les états que la peinture me fait traverser. C’est un exercice compliqué pour moi de vous l’expliquer car ce que je peins est comme un laisser-aller qui m’amène automatiquement vers ce qui m’attire et ce qui m’obsède depuis toujours : l’enfance et la solitude. Quoique je fasse, bande dessinée, illustration, peinture, je vais naturellement vers eux en essayant de trouver la manière avec laquelle je réussirai à les intégrer.
Ma peinture est figurative proche de l’illustration. Je réserve toujours un espace vide autour de l’enfant, sujet récurant, créant l’absence de la mère, protection ultime. Je cherche à retrouver ce sentiment de vide où l’on est face à soi-même sans le secours d’une personne. A travers mes peintures, j’essaie de me souvenir de ce jour où j’ai eu peur du bruit de mes propres pensées. Cet instant où l’on réalise, enfant, que l’on est seul et libre, tout ça dans l’inquiétude et « l’intranquillité ».
Le vide en peinture est une notion importante, il est ce fond sur lequel se dégagent les formes. Il est pour moi essentiel et je prends beaucoup de plaisir à le travailler en couches et sur-couches de cire plus ou moins importantes, laissant naître l’absence ou la présence selon ce que l’on veut y voir. Il est le seul espace abstrait de ma peinture. Il y a aussi la dimension du personnage à l’intérieur du tableau qui doit impérativement être en rapport avec l’espace vide pour ainsi créer l’équilibre. Cette question revient chaque fois que j’aborde un nouveau projet. Je sais que la réponse est dans le recul, c’est en restant à bonne distance du sujet que je le laisse parler. Je peins dans un va-et- vient permanent, évitant ainsi d’être submergée par la passion.
Je travaille dans des tonalités pastels créant une atmosphère de rêve, d’irréalité en y ajoutant de temps en temps un rouge franc pour apporter une note de réalisme. Les couches de cire donnent un aspect laiteux et velouté au tableau apportant une douceur fragile à l’ensemble. /…/ »
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